Je suis Sara, une volontaire européenne du Crij Paca à Marseille. Je viens d’Italie, mais cette année je suis restée chez moi seulement un mois pendant l’été.

Quand la pandémie a commencé, je travaillais en Belgique dans le cadre d’un Erasmus+.  Je me souviens que j’ai suivi avec inquiétude l’évolution de l’urgence sanitaire italienne, en particulier pour ma famille et mes amis. Bientôt toute l’Europe s’est retrouvée dans la même situation et la plupart des jeunes que je connaissais sont rentrés chez eux.

Pour la première fois les frontières entre les Pays Européens ont été fermées : on ne pouvait rentrer à la maison que pour des programmes de rapatriement. J’ai décidé de rester en Belgique et de poursuivre mon stage en télétravail. Mon confinement a commencé le 18 mars 2020 et s’est terminé avant le confinement en Italie. Par rapport à ma famille et mes amis, je me suis sentie chanceuse, car j’ai pu sortir pour faire du sport, sans autorisations ni limitations temporelles. Le contact avec la nature m’a aidé à me sentir bien. À cause de cela, je me suis sentie coupable lorsque j’appelais mes amis, mais j’essayais de les écouter et de rester positive. La plus grande préoccupation de cette période était que quelque chose de grave se passe chez moi et que je ne puisse pas y retourner. Pour moi, qui voyageais librement, percevoir que les frontières étaient vraiment fermées était l’une des pires sensations. La pensée même génère encore aujourd’hui de l’anxiété. Pourtant, je me souviens du premier confinement comme d’un moment heureux, dans lequel j’ai eu le temps de prendre soin de moi et d’essayer de trouver un nouvel équilibre. Mes collègues et amis belges ont été très proches de moi et je ne me suis jamais sentie seule. Cela m’a permis de ne pas être limitée par la crise sanitaire et me voilà en France après quelques mois pour un volontariat européen! Je suis arrivée à Marseille consciente de la situation et du risque d’un nouveau confinement, qui a finalement été plus difficile que celui de la Belgique. Je me suis rapidement habituée aux nouvelles mesures et une fois de plus mes collègues, mes colocataires et les autres volontaires m’aident beaucoup à éviter de souffrir de la solitude.Par rapport au premier confinement, je n’ai plus de sentiment de culpabilité, car maintenant mes amis et mes frères sont plus libres que moi. En Sardaigne, ma région italienne, bien que le système de santé s’effondre, tout le monde peut sortir librement jusqu’à 22 heures et les activités sont ouvertes jusqu’à 18 heures. La seule crainte qui est restée constante est que quelque chose de mauvais puisse se passer pendant mon absence, mais j’essaie de ne pas y penser en me tenant occupée.
D’après mon expérience, je suggérerais à tous les jeunes de partir pour un projet à l’étranger malgré la pandémie. Vous avez maintenant le temps de chercher un projet qui reflète vos passions et de préparer le départ. Il est normal d’avoir peur, on en a tous surtout en ce moment. Mais vous ne serez pas seul car il y aura toujours quelqu’un qui se trouve dans la même situation que vous et qui peut vous comprendre. L’expérience et l’autonomie acquises à l’étranger donnent toujours une grande satisfaction et je peux vous assurer que ça en vaut le coup !